Alizée, 23 ans, babysitter @ pas très loin de la rue de Lévis

Longue chevelure blonde, grands yeux bleus, visage lisse façon Martine, et bandeau dans les cheveux plus bobo que baba, voici Alizée, baby-sitter par intérim le temps de trouver du travail dans son domaine, le graphisme. Elle vient juste de finir ses études et un emploi en alternance pour une grande marque de luxe du CAC 40. Et comme les multinationales n’ont pas vocation d’être des humanistes, un stagiaire coûtant moins cher qu’un salarié en CDI, Alizée se retrouve donc parmi la masse de jeunes diplômés à la recherche d’un premier «vrai» emploi.

En attendant le Graal, elle s’est affiliée à la «maison des artistes» en tant que free lance et réalise des missions ponctuelles. Et puis il y a le babysitting, c’est sympa, ça fait un petit d’argent, et en rencontrant les parents, on ne sait jamais, ça peut toujours faire un réseau. Là, c’est un babysitting dans le 17ème, avec trois bouts de chou en école primaire et pour les avoir croisés la veille, je peux confirmer qu’ils sont dynamiques «ils sont super drôles. A chaque fois quand ils rentrent de l’école ils veulent tous me raconter leurs histoires en même temps». Résultat : disputes pour être le premier à raconter et il y en a toujours un qui pleure parce que le frère ou la soeur a pris la parole en premier ;-)

Originaire d’Auxerre «dans le 89 en Bourgogne», Alizée est venue à Paris il y a 4 ans pour ses études de graphisme car «en Bourgogne, il n’y en a pas vraiment» ! Après avoir habité trois ans dans le Marais, elle a trouvé un appartement du côté d’Abbesses dont je suis éperdument jalouse : un deux pièces, 35 m2, avec jardin (AVEC JARDIN, si si…) et apparemment pas cher. Je n’ai pas voulu demander combien, j’avais déjà assez mal comme ça. Mais bon, me rassure-t-elle, ce qui est un peu casse-pied avec Abbesses, c’est que ça monte et quand on fait ses courses, ça devient tout de suite moins drôle. Alors oui, en effet dans ces conditions, aucun intérêt (en le répétant plusieurs fois peut être que je vais commencer par y croire…).

Ce qu’elle déteste à Paris, c’est courir (au sens sportif du terme même si ça marche aussi dans la vie quotidienne). A défaut de pouvoir faire son jogging dans Paris, c’est par contrainte au départ qu’elle s’est mise à la gym suédoise mais maintenant c’est par plaisir qu’elle y va «au début je voulais pas trop à cause des à priori, ça me faisait un peu rire et finalement c’est vraiment bien, on fait du sport sur de la musique et c’est toujours sympa d’être entre filles». Ce qui l’énerve aussi c’est de devoir prendre le métro pendant des heures pour finalement n’avoir qu’un truc à faire de 10 mn sur place. Et puis toujours pareil, l’égoïsme ambiant qui règne dans le métro «quand il y a quelqu’un qui fait un malaise dans le métro, les gens ils râlent alors que bon y a quand même quelqu’un de malade juste à côté». C’est pour ça qu’elle s’est organisée, maintenant c’est vélo, à pied ou bus, et éviter le métro le plus possible.

Alizée a mis du temps avant de se faire à la vie parisienne, avoir des amis, trouver ses repères, connaître les endroits,… «au début, c’était un peu difficile je ne voyais pas que les côtés positifs, le fait que ce soit grand on n’est pas familiarisé, pas toujours à l’aise, quand on veut faire des choses on n’est toujours paumé, il faut un plan et maintenant je m’en sors bien». Aujourd’hui donc, elle s’y plaît bien et se voit même rester ici à condition d’avoir un minimum de budget tout de même et puis le jour où elle aura des enfants, elle verra bien si elle reste ou elle part. D’un côté, une plus grande qualité de vie à leur offrir, de l’autre, Paris tout simplement. Par contre la Bourgogne, ce sera uniquement une maison de campagne éventuellement, pas plus.

En attendant, à Paris, à 23 ans, en étant sans enfants, avec un super appartement et de bons potes, il y a quand même moyen de bien s’amuser entre les différentes expos, bibliothèques graphiques, bars et shopping ! Et c’est bien ce qu’elle compte faire : en profiter. Le summum sera probablement atteint avec un boulot stable pour faire ses preuves. C’est tout le mal que je te souhaite Alizée.

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