Nicolas, 50 ans, responsable du site le ballon de Paris @ Parc André Citroën


Vous avez forcément déjà vu Nicolas, mais si rappelez vous ! Ok, en tout petit, en vraiment tout petit (et non je ne parle pas de notre ex-président)… Ce Nicolas, pour le voir, il suffit de lever la tête, regarder à l’horizon direction sud-ouest. Il est dans la grosse montgolfière – pardon «charlière» (car c’est un ballon à gaz et non une montgolfière qui elle fonctionne grâce à de l’air chauffé) – qui mesure l’air de Paris et vous emmène dans les nuages.

Cela fait 13 ans que le ballon existe et environ 5 ans que Nicolas y travaille. Pilote depuis 30 ans, il en a parcouru des continents et fait des vols! Là, c’est un peu différent puisqu’il a «un fil à la patte», le survol de Paris étant strictement interdit, mais il s’y plaît «je m’occupe du ballon, il y a toute une équipe à gérer, je reste dans le milieu du ballon, ce qui est ma passion, et je peux toujours faire des vols libres à côté» et de toute façon «j’ai toujours fait en sorte d’arrêter ce qui m’emmerdait donc si ça m’ennuie j’arrête». Pas plus compliqué que ça ! Le revers de la médaille de la liberté c’est «pas d’enfant, pas marié, j’ai une vie un petit peu égoïste, c’est vrai malgré tout, donc c’est difficile de concilier tout ensemble, un petit peu de regrets mais pas de remords». Et puis ce ne sont pas les enfants qui manquent autour de la charlière «avec le ballon on fait toutes les écoles primaires de Paris, c’est sympathique et parfois un peu folklorique, ils sont adorables, toujours les yeux grands ouverts à en profiter de manière un petit naïve».

A la base, Nicolas voulait être vétérinaire «beaucoup de petits garçons ont voulu devenir pompier ou véto moi c’était vétérinaire». Finalement, cette passion pour les ballons c’est venu «par hasard». Il suffisait de tomber «au bon endroit, au bon moment, avec la bonne personne». Comme l’amour quoi ! Il a rencontré une fille dont le petit ami faisait du ballon «j’ai sympathisé avec le mec, je me suis mis à voler avec lui, on a fait de la compétition, j’ai passé mon brevet et voilà». Une histoire somme toute commune pour un métier peu commun. De là-haut, il observe, il prend du recul sur ses concitoyens «je ne sais pas si on peut appeler ça la distance sociale mais elle existe dans le règne animal et en fonction de cette distance soit on s’en va soit on agresse et cette distance ça existe aussi chez les humains. On voit ça sur la pelouse, quand on est en haut, au fur et à mesure c’est mathématique, c’est incroyable cette distance comme c’est régulier entre les gens. Plus il y a de monde, plus on la voit. Elle se resserre mais à un moment ça ne se resserre plus».

Sinon Nicolas est né à Paris, enfin Boulogne «pas très loin d’ici, suffit de traverser la seine». Aujourd’hui, il vit à porte de St-Cloud «du coup je viens à pied, c’est l’avantage. Je viens au bureau à pied et mon bureau est dans la verdure et dans les airs». C’est sûr qu’il y a pire ! Sa définition du parisien : «pressé, stressé, rarement content, ronchon». Avec tout de même une grande qualité «l’endurance» pour supporter la vie à Paris «faut être né dedans, c’est difficile le rythme, les gens sont très exigeants, très énervés facilement, très froids dans les rues, dans les transports, on se regardent mais voilà un peu méchamment et tout est une contrainte. La vie à paris est chère, on habite des petites surfaces,… c’est un milieu de vie très difficile». Il s’y retrouve en partie dans ce portrait un peu noir de Paris et des parisiens mais au final «je serais quand même malheureux si on me disait il n’y a plus Paris». L’après Paris, pour lui ce sera ailleurs, là où on peut voler tranquillement «il y a pleins d’endroits en Afrique ou ailleurs qui permettent de voler dans des contrées pas trop industrialisées, pas trop construites qui permettent de faire découvrir aux gens de nouveaux horizons». Dit comme ça, ça donne une envie irrépressible de voyages…

C’est donc en sa compagnie, un peu stressée je dois l’avouer, que j’ai effectué mon premier vol en ballon. L’altitude, très peu pour moi normalement mais Nicolas m’a assuré que le vertige on ne le ressentait pas tant que ça «le premier réflexe avec le ballon c’est comme vous de dire ‘oula j’ai le vertige je vais avoir peur’ en fait moi je vous dis que non car on n’a pas de rapport avec le sol et la notion de vertige est souvent très psychologique». Il me cite l’exemple de ce jeune couple pour illustrer l’aspect psychologique ce qui ne m’a finalement pas vraiment rassurée… «elle trainait son mec elle voulait absolument l’emmener et lui il avait les jetons et elle disait ‘mais non mais non viens’, ils finissent par monter et on s’élève en l’air lui il s’aperçoit que finalement il se passe rien du tout et elle prise de panique elle s’est assise par terre». Dépassement de soi oblige, je suis montée. J’ai raté 95% des photos.

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