Xavier, 40 ans, batelier du bac «zéro de conduite» @ Jaurès

Après un refus des plus catégorique de son collègue, c’est avec grand soulagement que je vois débarquer (au sens figuré comme au sens propre) Xavier, qui a la différence de son parisien de collègue «un peu bougon» mais «sympa», a accepté de me répondre et par la même occasion m’a baladée au moins dix fois entre les deux rives du canal de l’Ourcq.

Ce marin d’eau douce aujourd’hui a rejoint la capitale il y a une vingtaine d’année pour la plus belle des raisons qui soit à savoir «pour l’amour». Certes, on repassera pour l’amour car cette chère et tendre «ne l’est plus actuellement», mais lui est resté à Paris. Et puis à Paris comme ailleurs, l’amour, ça va, ça vient, il en a rencontré une autre avec qui cette fois il a eu un enfant «une fille de 4 ans, j’espère qu’elle va rester mignonne». Je n’ai pas voulu le décevoir, j’ai répondu «oui-oui, sûrement».

Les bateaux, Xavier les connait depuis sa plus tendre enfance. D’abord, c’est un enfant de la mer, il vient de Cherbourg, et ensuite il a passé pratiquement tous ses étés en Alsace chez son oncle qui faisait de la location de bateau et où il s’en occupait avec lui «à cet âge là c’était assez rigolo». C’est comme ça qu’il a commencé dans les métiers de la batellerie. Après pas mal de différents boulots dans les métiers de la navigation – dont moniteur de bateau-école -, avec son rôle de père, ce travail de conducteur de bac est tombé à pic «c’est assez confortable car il y a des horaires fixes, et dans les métiers de la batellerie c’est rare. Là, on a la chance d’avoir un week-end régulier, deux jours pleins où je ne travaille pas, surtout depuis que j’ai ma fille». Et dès le lendemain justement «c’est piscine avec ma fille et après voilà on se laisse vivre, pas de contraintes, que des bonnes choses».

Aujourd’hui, après un passage par le port de l’Arsenal, il a rejoint la terre ferme «c’est surtout une question de moyen, ça coûte cher de vivre sur l’eau. A l’achat c’est moins cher, mais il faut le placer au bon endroit, et si on veut un gros bateau, c’est sur la seine et ils ont tendance à faire le ménage». Le bon compromis : un appartement qu’il vient d’acheter du côté de Bastille et qu’il refait entièrement et son bateau pour s’évader qu’il retrouve le temps des vacances à Cherbourg.

De Paris, Xavier en a été «contaminé», il se retrouve dans le côté «trop pressé, marcher vite». Pour décompresser entre deux bouffées de poussière de son appartement en travaux, c’est le jardin des plantes avec sa fille, des ballades sur les quais de seine ou dans son quartier sauf «le samedi soir, on ne peut pas se garer, trop de monde, on se marche les uns sur les autres». Pour résumer, Xavier aime cette ville mais ne se voit pas forcément passer le reste de sa vie ici. L’idéal pour lui : une ville au bord de la mer «la Bretagne par exemple ou bien les villes basques». Et le must du must s’il gagne au loto : acheter un bateau – fluvial – et passer sa vie sur les différents fleuves et canaux de France, Belgique et Hollande. Mais bon tout ça c’est hypothétique et surtout «pour le moment je viens d’acheter un appart».

Un dernier mot pour la fin ? «Mon soufflé au fromage, celui que j’ai gardé de ma mère. Et oui, il tiennent et longtemps, je suis fier de moi». On attend l’invitation…

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