Bérénice, 42 ans, antiquaire de la mode retro à Mam’zelle Swing @ Le Marais

Devanture rose framboise, robes à tomber par terre en vitrine pour tous les nostalgiques des époques que les moins de 80 ans ne peuvent pas connaître, c’est la boutique Mam’zelle Swing tenue par Bérénice. Avec un certain franc-parler, un total look forties (vêtements, coiffure) et une intonation de voix qui résonne encore à mes oreilles en l’entendant répondre au téléphone «Mam’zelle Swing, bonjour !», Bérénice fait partie de ces gens que l’on peut qualifier sans trop se tromper ‘d’atypique’ et qui n’hésite pas à se prendre au second degré «oui, je suis originale très certainement, oui j’ai une case en moins très certainement aussi». Elle est née dans le XIIIème arrondissement mais habite aujourd’hui à Vincennes «la pression immobilière étant, voilà ! Moi mes parents ils ont acheté, à l’époque les crédits immobiliers étaient beaucoup plus courts, ils ont emprunté que sur 7 ans, moi j’ai emprunté sur 24 ans». C’est une parisienne, elle le revendique et ça se voit apparemment «quand on va à l’extérieur on se rend compte qu’on a une vision qui est différente, une façon de se mouvoir, de voir les choses, je ne sais pas, ça se voit, quelqu’un qui est vraiment parisien, les gens le sentent». La différence entre un parisien et un provincial ? La capacité d’étonnement « c’est vrai que moi, il n’y a rien qui m’épate, une fois qu’on a dit ‘oh tu as vu c’est étonnant’ et bien après on passe son chemin, le parisien, il ne reste pas longtemps dessus».

Bérénice a ouvert sa boutique en 95, le nom c’est la contraction de Mam’zelle, le titre d’une chanson de Maurice Chevalier en 1934 et de Mademoiselle swing, une chanson interprétée par Irène De Trebert en 43  «à l’époque où j’ai ouvert on ne pouvait pas reprendre le nom car il n’était pas tombé dans le domaine public et maintenant je ne vais pas changer car la boutique s’appelle comme ça et c’est très sympa comme ça». Armée de sa tablette numérique à l’effigie de la pomme pour taguer sur facebook et sur son site Internet chaque nouvelle robe entrante, Bérénice est une «geek retro» comme elle se définie «j’adore les nouvelles technologies, ce n’est pas incompatible». Le web 2.0 elle le maitrise, elle a même créé un blog perso sur lequel elle extirpe toute les petites contrariétés de la vie quotidienne «on est sur des sociétés très stressante et les gens ont besoin de vider leur sac à un moment donné, les personnes qu’ils trouvent ce sont les commerçants. Moi, maintenant j’écris, je dénonce, j’ai une chronique qui s’appelle «je hais le samedi», et je balance tout ce qu’il s’est passé la semaine, après je ne cite pas de nom. Les gens ils faut qu’ils arrivent à comprendre, il faut voir comment ils se comportent, il faut être derrière la caisse pour comprendre. Il y en a qui se mettent là-bas et ils me claquent des doigts, je leur dis ‘tu viens jusque là et tu me demandes’».

Dans sa boutique, elle en a vu passer des vertes et des pas mûres, entre impolitesse et manque de délicatesse, il faut savoir prendre sur soi ou savoir bien remettre à leur place les personnes. Quelques exemples : «ça m’arrive plusieurs fois dans l’année où il y a des nanas qui arrivent ‘oui alors on est invité à une soirée déguisée et il nous faudrait un déguisement un peu comme le votre. ‘Texto‘ !» «j’étais avec une cliente que je connais depuis des années, c’était au mois de juin. Je lui demande ‘bah alors vous allez en Bretagne cette année?’ et elle me dit ‘bah non cette année je viens d’être licenciée’, genre elle devait avoir 50 ans, donc difficile de retrouver un boulot et là arrive l’autre, cette espèce de bonne femme qui nous dit ‘ah bah moi je vais au Seychelles’, c’était surréaliste !» ; «la nana regarde un truc genre 60 euros, la fille me demande si elle peut avoir un prix en anglais, je m’aperçois que le sac qu’elle a en bandoulière, c’est le sac de la dernière collection Chloé donc je lui dis ‘non franchement, non je ne te fais pas de prix’ et la nana tombe à genou en train de supplier ‘mais svp’, je trouvais ça pas possible, non mais au secours !».

La politesse, elle l’a appris à ses dépends quand elle était toute jeune fille et c’est une commerçante justement qui lui a donné la leçon «j’étais à l’école primaire, la nourrice m’a envoyé chercher du pain, je vais chercher la baguette et la boulangère me fait mettre sur le côté, je vois les gens qui passent, qui passent, au bout d’un moment elle me demande ‘c’est bon tu as compris’, moi j’avais pas compris et elle me remet sur le côté. En fait c’était parce que je n’avais pas dit ‘bonjour’». Pour conclure, si vous croisez Bérénice, n’oubliez pas le ‘bonjour, merci, au revoir‘ et c’est avec un grand sourire qu’elle vous accueillera et que vous passerez, sans aucun doute, un moment très agréable dans sa boutique.

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3 réflexions sur “Bérénice, 42 ans, antiquaire de la mode retro à Mam’zelle Swing @ Le Marais

  1. Bonjour Bérénice et merci de me rappeler mes tendres années. Il faisait bon vivre dans notre pays il n’y a pas si longtemps, aujourd’hui je ne reconnais plus ce pays qui m’a vu grandir, certes je n’ai que 48 piges mais à la vitesse ou ce déglingue la planette avec tous ces tarés, il n’y en aura pas pour longtemps. Ma passion c’est les

    40′ 50′ nous faisons du rockab en famille, je pratique le Lindy avec ma tendre et les
    danses latines (les vrais cubaines, porto-ricaines et argentine des 50s) et là… on s’éclate S42C

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