Linda (à gauche), 21 ans et Alyzée (à droite), 19 ans, élèves en classe préparatoire à Henri IV

J’ai rencontré Linda et Alizée en juin 2012, elles étaient sur la dernière ligne droite de leur deuxième année de classe préparatoire. Pour Linda, cette année c’est «ça passe ou ça casse», elle a déjà repiqué l’année dernière et du coup, elle n’a plus le droit à l’erreur. Avec Alizée, elles ne se sont vraiment connues que cette année, car Alizée était en première année l’année dernière. Elles viennent toutes deux de passer pas mal de concours pour la suite de leurs études, l’objectif : être admises dans l’une des 15 meilleures écoles de commerce ou universités. Elles aimeraient bien rester sur Paris, mais bon il n’y a que trois écoles qui les intéressent et encore faut il être admises. S‘il faut partir, elle partiront. Dans tous les cas, le plus important pour elles, c’est surtout de pouvoir voyager à l’étranger pendant leurs études.

La suite ne pourra de toute façon jamais être plus contraignante que ces dernières années en prépa. Au programme : boulot, boulot, et boulot. La journée type de Linda : «je me lève à 6h30, j’arrive au lycée il est 8h, je reste au lycée on a cours jusqu’à 16h30 / 17h30 (sans les colles) et ensuite je vais à la bibliothèque du lycée ou au CDI, elle ferme à 22h je reste jusqu’à 22h, je rentre chez moi et voilà». Journée sensiblement identique pour Alyzée, sauf qu’elle est plus du soir «je sais que je bosse plus le soir, donc toute l’année je me suis couchée vers minuit, 1h, et je me lève à 7h». Mais voilà, pour conclure, comme dirait Linda «sur le coup c’est horrible car passer toutes ses soirées à travailler, tous ses week-ends à réviser c’est chiant, mais avec le recul ça passe vite. Si on me demandait de le refaire, c’est peut être un peu sado mais je le referais». 

Alizée est à Henri IV depuis le début de sa scolarité pratiquement «je suis là depuis le collège, ce que j’aime bien c’est qu’il y a des gens de tout Paris, de toute l’Île de France, et même de l’étranger, même au lycée, du coup c’est assez diversifié, et puis le quartier il est sympa quand même». Le quartier, c’est un peu le sien puisqu’elle habite à Jussieu, du coup, elle met à peine 10 mn à pied pour venir au lycée. Un luxe que ne partage pas Linda qui vient de Stains, c’est plutôt 40 mn de métro en prenant la 10 et la 13. La ligne 13, la fameuse ligne maudite de Paris où il se passe toujours quelque chose «une fois je suis arrivée en cours le matin, je suis rentrée et j’ai dit la vérité : le conducteur à fait un malaise. Tout le monde a rigolé genre ‘ouais ouais c’est ça’, une autre fois c’était un chien sur la rame». Sinon, ça ne fait que quatre ans que Linda est à Henri IV et ça a été plutôt une bonne surprise la découverte de ce lycée «en arrivant je pensais arriver dans un lycée très fermé, très stéréotypé et finalement ce n’est pas du tout le cas, j’ai rencontré des gens trop cool et je ne m’y attendais pas forcément. Je suis très contente d’y être. On a tous l’image d’Henri IV comme quelque chose de très élitiste, alors que finalement ce sont des gens normaux avec qui ça se passe très bien»

Durant leurs rares moments libres, elles aiment arpenter les bars du quartier de la rue Mouffetard, un quartier où il y a pas mal d’étudiants. A force d’y aller, elles commencent à connaître du monde, d’autres étudiants et les patrons de bars. Pour Linda, il y a notamment un petit bar, juste derrière, dans la rue du Pot de Fer, à la montagne Ste Geneviève «c’est pas loin, je le trouve stylé, il est vraiment très bien, il est original, la journée ça fait bistro où on peut venir déjeuner, se poser en terrasse, et le soir, il y a plein d’étudiants, c super animé, j’aime bien, c ‘est en bois et au plafond il y a des dessins, des peintures». Là où elles ne vont pratiquement jamais c’est plutôt des lieux très touristique et commerciaux. Dans la ligne de mire d’Alyzée c’est les Champs-Elysées «il n’y a rien, il y a plein de monde et finalement pas de cafés. Ici on n’est habitué à avoir des bars un peu partout, c’est assez convivial, et là-bas ce ne sont que des grands magasins, c’est assez mort». Pour le moment, de toute façon, leur champ d’exploration de Paris est aussi que limité que leur temps libre. A part quelques détours pour Linda dans les magasins de déstocke des Gobelins ou d’Alésia , elles ne s’éloignent pas trop du quartier autour de Mouffetard, tout au mieux, elles vont à St Germain ou les Grands Boulevards.

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