José, 38 ans, joueur / observateur d’échec @ le parc du Luxembourg

«Monsieur José», comme il s’est présenté, est à la fois gardien d’immeuble et travaille aussi le soir dans une laverie. Son plaisir de l’après midi entre ces deux activités, c’est de venir regarder les joueurs d’échec et parfois jouer. Avant, il jouait beaucoup mais maintenant il préfère regarder. Les joueurs d’échec du parc du Luxembourg, il les connait presque tous, d’ailleurs ils se connaissent presque tous «la majorité des joueurs viennent presque tous les jours, des fois on se voit ailleurs, des fois on va aller au café, des fois on se fait des restos… Le monsieur qui était là à côté de moi, il était aux échecs aujourd’hui mais sinon il peut aussi être au tarot, tout le monde joue avec tout le monde, c’est qui est bien ici, tout le monde se connait, il n’y a pas de racisme, des blancs qui jouent avec des gens de couleurs». Sa passion pour les échecs ça vient de son enfance, quand il était à l’école, il été «pas très bon en math» et ça l’a aidé à améliorer son niveau, il me dit que ça a été une «thérapie» pour lui d’apprendre à jouer aux échecs «c’est calme normalement, ici, ça crie un peu plus mais normalement c’est très calme, on joue seulement, ça aide pour la concentration».

José est né au Portugal et est arrivé en France avec ses parents à l’âge de 2 ans «maintenant je suis européen mais je suis immigré à la base, j’étais un étranger, j’ai eu la carte il y a très longtemps». Quand il est arrivé avec sa famille, ils ont d’abord habité dans le 77 dans une tour HLM, mais très vite sa mère a trouvé du travail dans le 5ème, dans un immeuble assez chic «il y a des appartements qui se louent 4000 euros par mois dans mon immeuble, il y a un monsieur que je côtoie, lui il touche 4000 euros par mois et sa femme 3000 et bien ils peuvent se le permettre. Une autre qui a acheté un appartement il y a quelques années, elle, elle vient quelques semaines passer des vacances mais sinon c’est vide, son mari, c’est un très grand psy qui travaille même pour le FBI».

Il adore son quartier «ça doit faire 33 ans que j’habite le quartier du 5ème, juste en face du jardin, c’est un beau quartier, j’aime bien, il y la Sorbonne, le Panthéon, pour moi c’est le plus beau quartier». Aujourd’hui, il habite toujours dans le même immeuble que ses parents mais dans un autre appartement «nous les gens du sud on est très famille, j’aime bien habiter près d’eux, c’est comme les italiens, on est proche de la famille». La leçon de vie qu’il gardera justement, c’est celle inculquée par sa mère et plus largement par les femmes de sa famille, à savoir, le respect des femmes «je n’ai pas été élevé dans la tradition portugaise, normalement chez les portugais c’est la femme qui fait tout et les hommes sont machos entre guillemets, comme j’ai été élevé plus par ma mère que par mon père, elle m’a inculqué le respect des femmes, c’est une phrase qui me restera toujours, c’est ma mère et ma grand-mère et mes tantes qui me l’ont toujours dit ‘les femmes donnent la vie, si tu sais ça tu as tout compris’. Une femme donne la vie il faut la respecter même si elle peut être désagréable. C’est vrai que les femmes elles peuvent être un peu chiantes, mais bon c’est normal c’est parce qu’elles savent ce qu’elles veulent».

Paris, c’est sa ville «par adoption», et il se trouve même «plus parisien que les parisiens» dans le sens où il ne se cantonne pas à un endroit de Paris, il aime découvrir cette ville et la parcourir «il y a des gens qui vivent à Paris mais qui ne connaissent pas du tout Paris, la plupart du temps, il faut être un touriste pour découvrir la ville, il y a vraiment de beaux endroits et quand on y va c’est un dépaysement».  Ce qu’il aime moins dans Paris, c’est de voir certains quartiers évoluer vers une forme d’homogénéisation des commerces «moi, mon quartier, il n’a pas beaucoup changé, la boulangerie c toujours la même, le boucher c’est toujours le même aussi, le quartier il est toujours le même, mais dans certains quartiers on avait des restaurants, des bars et maintenant ce ne sont que des magasins de vêtement, on voit qu’il n’y a que ça, c’est un peu triste».

Rester à Paris, José aimerait bien, mais voilà il est amoureux et le problème c’est que sa dulcinée, elle, n’est pas parisienne, loin de là «j’ai trouvé l’amour, en extérieur de paris à savoir dans le sud de la France et le problème des gens du sud, c’est qu’ils trouvent que les parisiens ont une mentalité bizarre et qu’à paris il pleut tout le temps, c’est vrai que pratiquement toute l’année ils ont du soleil mais bon, moi, de ce que j’en ai vu du sud, je préfère plus Paris que le sud». Et toc ! Mais voilà comme dans toute relation, on fait des concessions, alors José ira dans le sud dans un premier temps, mais promis,  dans peu de temps, ils reviendront à deux à Paris.

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