Qui suis-je ?

J’aurais pu m’inscrire pour la pub Benetton «the unemployee of the year» au lieu de ça, le temps d’un été et encore aujourd’hui, je tente de mieux connaitre cette ville, Paris, en la parcourant de long en large à la recherche de «parisiens» qui acceptent de se prêter à mes questions et de quelques photos intéressantes. Née à Paris, sans y avoir grandi, je suis revenue il y a quatre ans pour finir mes études. Parcours classique : études, stage, boulot, puis plus boulot. Autant dire qu’en quatre ans, il s’est passé beaucoup de chose et que je suis allée dans pas mal d’endroits, et pourtant, j’ai toujours le sentiment de ne pas connaître la ville. Mais surtout je n’arrive toujours pas à répondre à la question : est ce que j’ai envie d’y rester ou d’en partir ? J’ai eu envie de rester, j’ai eu envie de partir, j’ai eu envie de rester, j’ai eu envie de partir, et ainsi de suite depuis le début jusqu’à aujourd’hui. Une histoire d’amour en dents de scie en quelque sorte, ce ne serait pas la première d’ailleurs… Revenons à nos moutons ! A bientôt trente ans, il serait temps d’avoir une vision à plus long terme et puisque pour prendre une décision, il vaut mieux avoir tous les paramètres en mains, ce blog a pour objectif de montrer une vision panoramique de Paris et de découvrir ceux qui font le Paris d’aujourd’hui, à savoir les parisiens.

Je me rappelle encore le premier jour dans le métro quand j’ai du aller à la fac. Faut dire que je n’ai pas été gâtée, dès le départ sur la ligne 13 (attention je tiens aussi à préciser que finalement avec du recul je ne la trouve plus si horrible que ça). Bref, me voilà en train d’attendre le métro sur le quai. Le métro arrive, bondé, les joues des personnes sur les vitres, c’est le moment où je me dis «comment je vais monter dedans?». Personne ne descend, les dix autres personnes à côté de moi veulent y monter. Soit, on prendra le prochain. Ce n’est que quatre minutes d’attente (vs les dix minutes d’intervalle entre deux métros / tramways dans ma ville d’origine). Cette fois, je me prépare, je me «positionne» en avance, j’avais repéré les autres qui faisaient ça, le prochain il est pour moi. Il arrive, bondé, idem, je vais pas passer ma journée sur ce quai, sac fermement retenu entre mes mains, je rentre le ventre, ça passe, je suis dedans, miracle ! Les portes se referment, il y a une personne à gauche, à droite, devant, derrière, aucun centimètre de mon corps n’est épargné du contact avec un autre, je ne sais pas où mettre mes jambes, je ne sais pas où mettre mes mains, je ne sais pas où mettre ma tête, j’étouffe, j’ai chaud, je deviens toute rouge. Je regarde les gens, impassibles, pas un mouvement de sourcil, pire il y en a même un qui arrive à lire son journal ! Tout ça c’est donc «normal»? Moi, yeux écarquillés, en train de me dire «ils sont fous, ils sont fous, ils sont fous». Je vous épargne le reste, les bousculades à chaque arrêt, la lutte pour rentrer à nouveau dans le métro, la règle du «reste pas du côté gauche sur l’escalator si tu bouge pas ton postérieur», venons en aux faits. Voilà, ça c’était moi il y a quatre ans. Aujourd’hui je fais partie des ces gens qui savent quel est le wagon optimal en fonction du monde (donc possibilité d’avoir des places assises) / sortie la plus proche à l’arrivée / escalator vs escalier / couloir «short cut» / etc. S’il y avait une compétition de slalom entre les passants, je pourrais briguer la médaille d’or. Conclusion : je suis devenue comme tout ces parisiens, je suis «folle». Et en plus, comble de l’horreur, j’y prends du plaisir. Bon, ça, ce n’est qu’un exemple, mais ça résume bien ma vision de Paris, vivre des expériences qui au premier abord sont aux antipodes du confort de vie et pourtant l’accepter, parfois en redemander et aimer. Qu’est ce qu’il s’est passé ? Est ce que j’ai envie de devenir une «vraie parisienne» ? Paris, est-ce l’enfer ou le paradis ? En fait, j’avais une vision un peu romanesque de Paris, d’une part, le Paris de Doisneau en noir et blanc, des gueules, les Halles, des amoureux, etc. et le Paris des années 70/80 de ma mère d’autre part, une effervescence culturelle et intellectuelle, une 2CV, les débuts de la troupe du Splendid… J’ai retrouvé tout ça par moment, mais on en est quand même loin.

Le Paris d’aujourd’hui alors c’est quoi ? Puisque Paris fait les parisiens, et que les parisiens font Paris, c’est conjointement que j’ai essayé de les appréhender. Ah oui, j’oubliais : pourquoi Parigots têtes de veau ? Si je vous dis que je trouve l’expression mignonne, vous allez me prendre pour une idiote ? Ok, je n’irais pas plus loin dans cette explication. En fait, je trouve que c’est une expression relativement désuète, autrefois féroce comme un lion mais aujourd’hui aussi dangereuse qu’un chaton. Le but n’étant pas d’insulter les parisiens, bien au contraire, juste de comprendre qui ils sont et ce qui fait que l’on aime Paris ou pas à travers leurs témoignages.

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Une réflexion sur “Qui suis-je ?

  1. Je crois que tout parisien d’adoption a vécu la terrible histoire du métro bondé en commençant par l’inquiétude pour arriver à la stratégie payante!
    Merci pour tous ses récits sympathiques
    A bientôt

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